Accord de principe AGIRC ARRCO : la mort programmée du statut cadre !

Quelques éléments :

Les retraites complémentaires représentent 30 à 56% du montant total de la pension. Nous rappelons que le niveau moyen de retraite, base + complémentaire, est de 1 206 euros et que nombre d’entre les retraités sont bien en dessous.

 Les réserves de l’AGIRC arriveront à épuisement en 2018, celles de l’ARRCO en 2027.

Enjeux : – trouver des solutions pour maintenir les droits aux salariés,

– assurer un niveau de retraite permettant de vivre dignement,

– pérenniser les régimes sur le long terme.

Propositions CGT :

– augmentation de la cotisation Agirc. Pour un salaire de 4000 €brut, c’est 7€mois d’augmentation ! Soit un apport de 2 milliards d’€ dès 2016.

– contribution transitoire par les entreprises ne respectant pas l’égalité salariale femme-homme. Apport 5.7 milliards d’€ dès 2016.

Le 16 octobre, la négociation AGIRC ARRCO s’est terminée par un accord de principe avec effet dès 2019, soumis à signature qui concernera tous les salariés relevant du privé nés en 1957 et suivant. L’accord devrait être signé par les trois organisations patronales et la CFDT, la CFTC et la CFE CGC – SNB dans les Banques Populaires, c’est plus chic – le 30 octobre prochain.

Le report de l’âge de départ en retraite et la baisse du niveau des pensions

L’accord prévoit un système de bonus-malus pour les salariés, selon l’âge auxquels ils partiront en retraite.

Un salarié qui aurait toutes ses années pour prétendre faire valoir ses droits à retraite dans le régime de base, aura alors plusieurs choix au niveau de sa retraite complémentaire :

– il peut partir en retraite mais, avec cet accord, il se verra amputer sa retraite complémentaire de 10 % pendant trois ans,

– il peut retarder son départ et bénéficié d’un bonus en fonction de l’âge de départ effectif.

La CGT informera l’ensemble des salariés de la BP2L, dans un prochain tract, avec des exemples concrets des conséquences de cet accord désastreux.

Tous les salariés relevant du secteur privé, quelle que-soit leur situation au regard des droits à la retraite, se verront concernés par cet accord. Eu égard au pouvoir d’achat des salariés et des retraités, nombre de salariés n’aura pas d’autre choix que de travailler plus longtemps. Il s’agit donc d’un report de l’âge de départ en retraite.

Pour d’autres, notamment pour les 6 millions de demandeurs d’emploi, ce sera une baisse imposée du niveau de leur retraite.

La fin du régime AGIRC

La disparition de l’AGIRC en fusionnant l’AGIRC et l’ARRCO a été troquée contre une négociation pour définir les grandes lignes de la notion d’encadrement. Rien ne garantit l’avenir du statut cadre, de la GMP (garantie minimale du point), des 1,5 % de prévoyance et du futur niveau de pensions complémentaires des cadres.

Aucun financement supplémentaire du patronat

L’effort affiché par le Medef sera compensé par l’engagement qu’a pris le gouvernement de baisser les cotisations Accident du Travail, Maladie Professionnelle. C’est scandaleux ! Le patronat se paye sur l’argent des victimes du mal-travail organisé par lui-même. La CGT a refusé ce marché de dupe qui va permettre, dans un deuxième temps, au pouvoir polit ique, de reporter l’âge légal de départ en retraite.

QUIZZ les mesures contenues dans cet accord :

– permettent-elles de pérenniser le régime de retraite complémentaire ?

– de combattre le chômage en favorisant l’emploi des jeunes & garantissant le maintien dans l’emploi des seniors ?

– de relancer l’économie et la croissance ?

– de réduire les inégalités salariales F/H ?

Négocier le poids des chaînes au temps de l’esclavage aurait-il été un acte de modernité ?

La mort du statut Cadre 23102015

 

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